“Le serveur est débordé, veuillez réessayer plutard”; “mais tu va marcher postbac à la con, ça fait une demi-heure que j'attend”.
A 14h10, enfin, “ compte tenu de votre classement nous pouvons vous proposer votre choix numéros 2: Centre Madeleine-Daniélou en filière littéraire A/L”.
“Eh merde.”, j'avais mis Grandchamps, une ECE, en premier choix.
Question existentielle: qu'est ce que je fais? Je commence à engueuler mes parents qui sont en plongée en mer rouge. “Ils pouvaient pas être là ces connards, c'est quand même important les prépas.” “Et qu'est ce que tu voulais qu'il fasse” (brother n°1) “Je sais pas moi, est-ce que j'annule ce choix en espérant être pris ailleurs, est-ce que je dit oui mais, non mais, j'en sais rien.” “De toute manière si tu annules ce choix, toutes tes prépas sautent, et comme t'as pris philo-russe à la sorbonne pour te marrer, t'as pas le choix, tu dois dire oui définitif” (brother n°2, pragmatique).
Effectivement, je n'ai pas le choix, je valide, mais je veux pas devenir prof, moi.
Je m'explique; c'est vrai que c'est pas facile d'aller en prépa litteraire quand on a deux parents HEC/ESSEC et deux frères bientôt Polytechnique/médecine. Depuis que j'ai émis l'hypothèse de faire Hk/Khâgne plutôt qu'ECE, mes parents me répètent “Hypokhâgne => prof; prof => pas toi”, “d'ailleurs regarde Juliette, elle a fait Hk/K et normale sup. (fontenaye) et elle est quoi? Elle est prof.”
Quoi qu'il en soit, je réalise que (thèse) j'aime pas les maths, j'adore le français, la philo, l'histoire et, comme je suis insomniaque, je dévore des livres depuis pas mal de temps, (antithèse) j'veux pas être prof, (synthèse) de toute manière j'ai pas le choix.
Une foule de question se presse alors dans mon trop petit encéphale: est-ce que j'aurais le niveau, est-ce que je vais pas être dernier, est-ce que je vais me faire virer, est-ce que je vais supporter...
Pendant une semaine, je m'abîme dans le travail pour le bac et essaye de ne pas trop y penser, ne pas trop stresser, de toute manière je ni peux rien.
Une semaine plus tard, c'est le deuxième tour des prépas, Hugues a Ginette, Charlotte a Picpus, Guillaume a Exeter, Marianne a Le Parc... L'hypokhâgne me revient en tête.
Je décide alors de farfouiller sur le net pour trouver des témoignages, des conseils... et je tombe sur le blog d'Hanna, en une nuit je lis les trois premières pages et me rends compte que en Hk, je vais me plaire, que c'est fait pour moi. Le lendemain, je continue mes recherches et trouve d'autres hypokhâgneuses un peu stressée elles aussi, je décide alors de partager mes expériences , mes joies et mes galères...

